LA CONNAISSANCE

 LA CONNAISSANCE

Reconnais donc que se chérir soi-même est un défaut, et rejettes l’attachement à ta personne.

Saches que chérir les autres est une vertu, et considères-les comme toi-même.

 

L’ignorance ne pense pas : - « Je vais créer des formations.

Les formations ne se disent pas : - « Nous avons été créées par l’ignorance. »

Pas plus que la naissance ne pense : - « Je vais créer la vieillesse et la mort. », ni la vieillesse et la mort : - « La naissance nous a créées.

En fait, dès qu’ignorance il y a, les formations se manifestent ;

Et dès qu’il y a naissance, la vieillesse et la mort se produisent.

 

Dans les enseignements de la voie graduelle, il est dit que ce qui existe réellement, ou ce que l’on prend pour tel, peut se ramener aux deux types de « Soi », et que ces deux types de soi sont par nature vacuité.

 

Qu’est-ce que le soi de l’individu ?

 - Ce qu’on appelle soi de l’individu, c’est la continuité des agrégats karmiques, dont la conscience.

Le soi produit les émotions négatives, les émotions négatives engendrent le karma, et le karma la souffrance.

La source de tous les maux et de toutes les souffrances est donc le soi.

Qu’est-ce que le soi des choses ?

 - Les choses désignent les objets appréhendés à l’extérieur et l’esprit qui les perçoit à l’intérieur.

 

Qu’entend-on par choses ?

 - Ce qui possède des caractéristiques particulières.

 

Appréhender tant l’objet que le sujet comme ayant une existence réelle, et s’y attacher, voilà ce que l’on appelle « croire au soi des choses ».

 

En réalité absolue, le soi n’existe pas.

 

Deux choses ne surgissent plus veut dire qu’il n’y a plus de croyance au moi et au mien.

 

Le corps est formé des quatre éléments.

Les parties solides constituent l’élément terre, l’humide, l’élément eau, la chaleur, le feu, et le souffle et le mouvement forment l’élément air.

Il n’y a de soi dans aucun de ces quatre éléments, de même qu’il n’y a pas de soi dans les éléments du monde extérieur.

L’esprit ne consiste en rien, puisque personne ne l’a jamais vu.

Le nom est une désignation fortuite, sans réalité concrète, sans rapport avec le soi.

 

Qu’est-ce qui apparaît devant nos yeux en ce moment ?

 - Ce qui apparaît à notre esprit comme les objets extérieurs est le résultat d’une méprise.

Les apparences extérieures sont des perceptions erronées de l’esprit, car ce qui apparaît n’existe pas, comme les cornes sur la tête d’un homme ou un arbre qu’on visualise.

Toutes les apparences ne sont qu’hallucination de l’esprit, puisque ce qui existe disparaît, que les perceptions changent selon les circonstances, que la méditation peut les modifier et qu’elles diffèrent selon les six classes d’êtres.

On compare ces apparences à un rêve, à une illusion magique…

 

L’esprit qui cherche ne peut se trouver lui-même, autrement dit, l’esprit qui cherche ne peut être l’objet cherché, il est indicible, impensable, et, où que nous le cherchions, nous ne le verrons point.

 

En fait, la croyance à l’existence et à l’inexistence présentent l’une et l’autre des défauts, en ce qu’elles conduisent aux extrêmes de l’éternalisme et du nihilisme.

 

Si le nirvana existait réellement, il serait composé.

S’il était composé, il finirait par disparaître.

Les préliminaires consistent à laisser l’esprit s’établir dans son état naturel.

La méditation consiste à laisser l’esprit tel qu’il est, sans adopter ni rejeter quoi que ce soit, sans concevoir l’être, le non-être ou toute autre chose.

 

Laisser l’esprit posé de la sorte, c’est la méthode authentique pour cultiver la connaissance transcendante.

Entre les méditations, pratiques le plus possible la générosité et les autres actes qui permettent d’accumuler des mérites, en considérant toutes choses comme une illusion magique.

 

 - « Savoir, au terme de l’absorption semblable au diamant, que ce qui était apparu n’est plus, et que cela ne reparaîtra pas. »

 

 - « En toutes circonstances, je m’entraînerai diligemment à atteindre l’espace absolu, la vérité suprême. »

 

La sagesse qui connaît les choses telles qu’elles sont est la connaissance de la vérité absolue.

Il est dit qu’on ne voit alors aucune forme, sinon l’espace, ou encore que la grande connaissance suprême libre de perceptions devient le support de toutes les précieuses qualités.

 

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